Il faut que je vous dise…

Il y a un peu plus d’un an, je vous annonçais triomphalement « I’m back, baby! » et lançais mes ateliers Upcyclez-vous chez TechShop Lille. Force est de constater que je ne suis pas vraiment de retour… Et pour cause !

Je vous la fais rapidement : ces dernières années, j’ai – comment dire – accumulé les pépins médicaux (ceci est un euphémisme). Ça a commencé en septembre 2015. Un cancer du sein, pour lequel je suis soignée jusqu’à juin 2016. Les résultats sont bons, je suis débarrassée et il ne me reste « plus que » 5 ans d’hormonothérapie pour être sortie d’affaire, en rémission dans le jargon des médecins. Avril/mai 2018, je commence à avoir mal au dos. Je suis en train de démissionner du boulot et de préparer la suite, je suis stressée, je danse beaucoup/souvent, et les examens physiques indiquent pour l’instant que rien ne cloche. Après tout, c’est le mal du siècle, pourquoi s’inquiéter d’un lumbago ou d’un torticolis ? Sauf qu’en fait, et je ne le découvrirai qu’en septembre 2018, ce sont des métastases qui attaquent ma colonne. Mon cancer du sein est de retour, et c’est un original : il n’est pas allé là où tout le monde l’attendait, il a préféré attaquer sournoisement mes os, mon foie et mes poumons. Hospitalisation, alitement, radiothérapie, chimiothérapie, rééducation ont donc rythmé mon quotidien ces 9 derniers mois. « Not a picnic » comme le disent si flegmatiquement les anglais. Et c’est pas fini. Je fais de jolis progrès, mais il reste encore du chemin à faire. Il faut dire que je pars de très loin, le pire a été évité de peu. MERCI ma bonne étoile !

Être malade est une véritable leçon de vie (ceci est un cliché) (mais c’est tellement juste) : c’est plus facile de se contenter de peu quand on a été privé de capacités précieuses, et qu’on a flippé sa race qu’elles ne reviennent jamais. Quel bonheur par exemple de pouvoir marcher quand on resté allongé en mode momie pendant 2 mois ! J’avais le sentiment d’avoir épuisé mon stock de courage, de force et de volonté quand j’ai vaincu mon « premier » cancer (j’en compte 2, même si techniquement c’est le même). Force est de constater que j’en avais encore sous la pédale. Mais bon, le stock s’épuise et les mois qui viennent s’annoncent difficiles.

D’où mon retour par ici. Je m’explique : dans les moments de creux, je perds souvent mon « modjo créatif » et ma créativité se roule en boule dans un coin. En temps normal, cela ne dure jamais longtemps, car je finis par rencontrer une personne, visiter une expo, visiter un joli coin de nature ou une ville que je ne connais pas encore pour que l’inspiration revienne. Ah oui, et la danse aussi. Très important la danse. Or, je suis en mode « batterie faible »la plupart du temps, et de plus très limitée dans mes déplacements à cause de mon dos (je ne peux pas conduire de voiture/vélo/trottinette/hoverboard, je n’ose pas encore prendre les transports en commun toute seule et je n’ai ni jet privé, ni limousine, ni chauffeur personnel). Bref, mon rayon d’action est limité, mon cerveau s’ennuie, il voudrait bien voir autre chose.  En mai, je l’ai emmené 2 semaines dans la maison familiale (mon Paradou drômois) et quelques jours au Morimont (mon Paradis alsacien) et il a adoré 😉

Mais les bonnes choses ont une fin : les traitements vont bientôt reprendre et je serai donc coincée à Bois Blancs Beach jusqu’à nouvel ordre. Il me reste quelques semaines pour redémarrer mon moteur créatif et sortir du cercle vicieux dans lequel je me suis laissée glisser ces derniers temps. Objectif SMART (simple, mesurable, acceptable, réaliste et temporairement défini, mes amis coachs ou consultants peuvent être fiers de moi, hahaha) : passer plus de temps dans mon atelier que sur mon canap’ jusqu’à la fin de mon arrêt maladie. J’ai donc décidé de revenir écrire ici, avec un peu de chance les lecteurs seront au rendez-vous et ça me donnera une motivation supplémentaire (qui a dit « coup de pied au c** » ?) pour créer des choses et préparer la suite de mes aventures ! #plandiabolique

Hop, maintenant je vais respirer un grand coup, me dire qu’après tout ce n’est pas si compliqué que ça de faire son « krabing out » (c’est comme le coming out, mais pour un cancer), chercher les petites coquilles qui auraient pu se glisser dans mon article, appuyer sur le bouton Publier et reprendre les projets déjà en route 🙂

 

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Il faut que je vous dise
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